3) Les écoles

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Les églises romanes peuvent se classer par « écoles » . Nous en avons retenu sept qui se distinguent par leurs systèmes de voûtes.

L’Ecole provençale. – Les églises ont généralement une nef unique, basse, voûtée en berceau, non épaulée et éclairée par des fenêtres hautes (Notre-Dame-des-Doms (1069), Cavaillon, etc.). S’il y a des collatéraux, ils sont bas et couverts par des berceaux ou des demi-berceaux (Saint-Guilhem-du-Désert, Saint-Paul-Trois-Châteaux).

L’Ecole bourguignonne. – La hardiesse et la variété des voûtes en sont les caractéristiques. Elle emploie souvent le berceau brisé : Cluny (1089-1130), Autun (début 1219), Beaune, etc. ; la voûte d’arête bombée à Vézelay (1132), Gourdon (XIIe siècle) ; Anzy-le-Duc (XIIe siècle), et les berceaux transversaux à Tournus (fin Xie siècle) et à Mont-Saint-Vincent (fin du Xie siècle). Les nefs sont surélevées et éclairées directement. Signalons que l’abbatiale de Cluny construite par deux moines Gauzon et Hézelon, avait presque les dimensions de Saint-Pierre de Rome.

L’Ecole auvergnate est reconnaissable par l’absence d’éclairage direct, la voûte en plein cintre de la nef étant épaulée par les demi-berceaux de la tribune des collatéraux. Un clocher se dresse à l’intersection du transept et de la nef, au droit de la coupole sur pendentifs à trompe (Notre-Dame-du-Port, Saint-Nectaire, Orcival, XIIe siècle).

L’Ecole poitevine. – Ses églises, comme celles de l’Ecole auvergnate, comportent des voûtes contrebutées par des collatéraux, mais plus légères ; l’éclairage de la nef centrale est également indirect. Jusqu’au Xie siècle, l’arcature est en plein cintre, au XIIe en arc brisé (Notre-Dame de Poitiers, Civray, Vieux Parthenay, etc., XIIe siècle).

L’Ecole de l’Aquitaine. – C’est en Périgord, en Angoumois, et en Saintonge, au XIIe siècle, que se généralisa l’emploi des files de coupoles sur pendentifs, rachetant les travées carrées du plan latin sans bas-côtés ou grec cruciforme (cathédrales d’Angoulême et de Cahors, Souillac, Saitn-Fronc et Saint-Etienne de Périgueux).

L’Ecole normande. – Jusqu’au second quart du XIIe siècle, aucune église de l’Ecole normande ne reçut de voûtes sur la nef, mais une charpente ; à ne date plus tardive, le sanctuaire et les bas-côtés furent voûtés. La travée de la croisée du transept est surhaussée et le vaisseau est bien éclairé. L’arc plein cintre est le seul employé. Cette Ecole, s’épanouira en Angleterre : Eglises de Winchester, de Saint-Albans, d’Ely, de Durham, etc., Guillaume le Conquérant ayant envoyé outre-Manche des constructeurs normands.

L’Ecole rhénane. – Dans cette Ecole, il faut distinguer trois périodes : La période carolingienne, d’inspiration byzantine, la période du Xie siècle, qui intègre les éléments carolingiens au principe basical avec nefs charpentées : Lutzelbourg, Surbourg, Neuviller, enfin pendant la période qui correspond au XIIe et au début du XIIIe siècle et qui s’exprime par la construction de grandes nefs à voûtes d’arête très bombées dites « dôminicales », comme aux cathédrales de Mayence, de Spire et de Worms.

Cette étude rapide nous montre combien il peut exister de modulations sur un même thème, sans que soient altérés les caractères fondamentaux d’une même architecture à une même époque et dans une même nation.

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Dernière modification : 12 janvier 2003.