HISTORIQUE DE L'ABBAYE
L'abbaye bénédictine d'Ainay entre dans l'Histoire au IXe Siècle quand l'abbé
Aurélien, bientôt archevêque de Lyon, crée le prieuré de Saint-Benoît-de-Cessieu
autour de 859 et faut venir des moines de Bonneval.
Il faut écarter la tradition qui ferait de l'église d'Ainay l'ancienne
basilique des Martyrs, que Grégoire de Tours situe au lieu dit Athanaco et que
l'on placerait plutôt à Saint-Nizier, autrefois église des Apôtres et des Martyrs.
A Ainay, le culte des Martyrs ne serait pas antérieur au XI-XIIe siècle.
On ignore également où se trouvait exactement le monastère "interamnis"
(entre les deux fleuves) où se rencontrèrent Saint Romain, abbé de Condate et
Sabinus (Vie des Pères du Jura). Certes, J.-B. de la Mure en fait l'origine du monastère
d'Ainay, mais au XVIIe siècle les archives ont disparu et ses seules sources
sont le Missel de 1531. Le texte de la Vie des Pères du Jura et le vocable de
saint Martin peuvent pourtant constituer des arguments pour une fondation pré-carolingiennes
et seules des fouilles pourraient permettre de résoudre ce problème.
A partir du IXe siècle, les textes deviennent plus nombreux. Des travaux de
construction sont effectués sous les abbés Amblard, Artaud et Gauceran. Le 27
janvier 1107, l'église est consacrée par le pape Pascal II et placée sous le
patronage de saint Martin. Le même jour un autel est consacré en l'honneur de
la "Conception de Notre Dame".
Du XIIe au XIVe siècle, Ainay se présente comme une véritable puissance
spirituelle et temporelle. En 1250, l'abbaye possède 72 églises ou prieuré
dans le diocèse de Lyon et au-delà.
L'abbé Jean II de la Palud (1313-1324) fait construire au XIVe siècle un
palais dans le monastère. Avec le début de la Renaissance et la commende, les
rois en font un lieu de passage et y font des séjours. En 1562 les huguenots brûlent
les archives, dévastent l'église et détruisent partiellement le cloître.
Au XVIIe siècle, Camille de Neuville, abbé d'Ainay puis archevêque en 1653,
demande et obtient en 1685 la sécularisation de l'abbaye. Les moines sont
remplacés par des chanoines. Ainay devient paroisse et, le 27 janvier 1780,
perd le titre d'abbaye; ses biens vont à l'archevêché de Lyon.
A la Révolution, le palais abbatial est rasé, l'église est fermée et transformée
en entrepôt, elle est de nouveau ouverte aux fidèles en 1802. Elle est classée
Monument Historique en 1844 et subit, au cours du XIXe siècle, de nombreuses
restaurations et transformations (travaux des architectes Pollet et Benoît).
Elle est élevée au rang de Basilique par le pape saint Pie X le 13 juin 1905.
Cette faveur lui donne une dignité nouvelle.

HISTORIQUE DES ÉDIFICES
Haut Moyen Age. Faute de fouilles, on ignore tout des premiers édifices. Seul
le premier état de la chapelle Sainte-Blandine (nef unique charpente, chœur
carré) pouvait être antérieur a l'An mil.
Xi siècle. La chapelle Sainte-Blandine est profondément modifiée : elle est voûtée
et une petite crypte est installée sous le chœur. Les trois premiers niveaux
du clocher-porche avec ses ouvertures à décor de briques et sa frise de
bas-reliefs pourraient aussi appartenir à la deuxième moitié du XIe siècle.
Dans son premier état, le chevet pourrait être contemporain du porche du XIe
siècle. Dans son premier état, le chevet pourrait être contemporain du porche
(voir l'extérieur les absidioles et la base du mur de l'abside en petit
appareil). On peut aussi supposer trois nefs de six travées avec ou sans
transept.
XIIe siècle. Dans un deuxième temps, le chevet est modifié, les absides sont
décorées d'arcature à l'intérieur, le chœur est construit en avant du
transept actuel. Cet ensemble se situerait dans le premier tiers du XIIe siècle
avec la date de 1107 comme point de repère.
XVe siècle. Construction de la chapelle Saint-michel (ancienne Chapelle de la
Vierge) avant 1485 par Guichard de Rovedis.
XIXe siècle. Restaurations et profondes transformations des différents édifices
: en particulier voûtement des trois nefs de Saint-Martin, décor peint de
Flandrin dans les absides, vitraux de Bégule à Saint-michel, construction des
chapelles de la vierge au Sud, de saint Joseph au Nord et du baptistère au
Nord-Ouest.
XXe siècle. En 1991-92, les Monuments Historiques rénovent l'église
Saint-Martin puis en 1997 les chapelles Sainte-Blandine et Saint-Michel.