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Introduction
sur l’art roman
Le
terme « roman » est apparu, en France pour caractériser
le style des églises construites au XI et XIIe siècles, dans une
lettre adressée en 1818 par l’érudit normand Charles de Gerville
à l’un de ses confrères. Jusqu'alors, l’architecture religieuse
de l’Occident médiéval était indifféremment qualifiée de « gothique ».
Tout au plus certains historiens avaient tenté de distinguer
quelques grandes phases : mérovingiaque, de Clovis à Pépin
le Bref, carlovingiaque, de Charlemagne à Philippe-auguste, gothique
de Saint Louis à François Ier. Seul l’abbé Lebeuf était
allé plus loin en situant le début de l’art gothique sous le règne
de Louis VI le Gros, avec l’apparition des arcs « pointus par
le haut ». D’autres auteurs, différenciaient gothique "ancien"
et "récent", lourd et léger. Mais dans tous les cas, le
terme de gothique employé depuis la Renaissance comme synonyme de
barbare avait une connotation péjorative, même si certains théoriciens
du Siècle des lumières accordaient un intérêt d’ordre technique
aux grandes cathédrales du XIIIe siècle. Le gothique
lourd ou ancien, pour sa part, était l’objet d’un dédain quasi unanime.
L’apparition du terme roman pour le désigner coïncidait, au début
du XIXe siècle, avec sa réhabilitation et préludait au
rapide développement de son étude.
En lui donnant un nom, Charles de Gerville reconnaissait à
l’art roman une spécificité, entre les créations de l’époque carolingienne,
et celles de la période suivant qui, seules, continuèrent d’être appelées
gothiques. Le choix de ce terme était loin d’être anodin. Il exprimait
une intuition historique essentielle en suggérant, à travers la similitude
du vocabulaire, l’existence d’une similitude des processus de transformation :
l’art roman était d’emblée défini comme une forme altérée de
l’art romain.
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Dernière modification : 12 janvier 2003.
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