III) Conclusion

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Ainsi l'art roman architectural se caractérise tout d'abord par des transformations successives qui viennent enrichir le plan de l'ancienne basilique : l'espace intérieur se voit fractionner (travées, chapelles accolées à l'abside, déambulatoire à chapelles rayonnantes , etc.), tandis que des systèmes variés de voûtes de pierre (voûtes d'arêtes, berceaux) sont étendus à tout l'édifice. De plus, sculpture (chapiteaux, tympans...), peinture murale, vitrail, sculpture sur bois, ou encore orfèvrerie de l'époque sont indissociables à cette architecture. A chaque technique est associé un symbole bien particulier et étudié : aussi bien le tracé, les proportions utilisées, les couleurs employées, les icônes disposés...

Tout cet ensemble, nouvelles techniques et symboles, définie alors l'Art Architectural Roman.

Si l'on excepte certains bâtiments intégrés à des ensembles d'architecture monastique non directement liés au culte (granges, écuries, hôtellerie, etc.), il ne subsiste à peu près rien de l'architecture civile romane. Quelques habitations seigneuriales de la première moitié du XIIe siècle, comme le palais épiscopal d'Auxerre (1116-1136), présentent une suite ininterrompue de baies en plein cintre, disposition typique de la plupart des demeures de l'époque et que l'on retrouve sur la façade romane de certaines maisons bourgeoises de Cluny et de Clermont-Ferrand. Bien que très restaurés, l'hôtel de ville de Saint-Antonin-Noble-Val (Tarn-et-Garonne), celui de La Réole (Gironde) et, en Italie, le palazzo della Ragione de Vérone (1193) permettent de se faire une idée du style qui présidait à l'élaboration d'un grand édifice civil à la fin du XIIe siècle. Deux ouvrages d'art, le pont Saint-Bénezet à Avignon (achevé en 1189) et le pont d'Airvault (Deux-Sèvres), sont pratiquement les seuls témoins des travaux communaux d'intérêt public construits en France avant le XIIIe siècle. En ce qui concerne l'urbanisme proprement dit, la vieille cité de Villefranche-de-Conflent (Pyrénées-Orientales), derrière son enceinte fortifiée du XVe siècle, compte parmi les très rares villes françaises qui laissent apparaître un tissu urbain d'époque romane, antérieur au XIIIe siècle. Châteaux forts dotés d'un donjon de pierre (création romane dont le château de Langeais est en France l'un des premiers, vers 992-994, à être doté) et remparts constituent l'essentiel de l'architecture militaire de style roman, mais presque tous les remparts de ville médiévaux encore debout appartiennent à la période gothique. Construite à la fin du XIe siècle, l'enceinte fortifiée d'Ávila, en Espagne, est une brillante exception et présente, avec ses 88 tours semi-circulaires et ses milliers de créneaux, le plus imposant monument de ce type.

Ainsi l'art roman visible aujourd'hui est pratiquement seulement religieux, c'est pour cela que le symbole roman, nous l'avons vu, manifeste une présence : la présence divine. On a pu se demander si il rejoint d'autres symboles sacrés : et en effet il retrouve les grandes lois qui régissent l'univers. Le symbole roman s'incorpore ces divers symboles et les fait participer à une commune vérité.

La fonction du symbole est donc d'éveiller l'homme et de le ramener à son principe originel, c'est à dire au plan du sacré dans lequel tout est ordre, mesure, proportion. L'art de bâtir comprend un plan, une structure, une distribution. La sectio aurea déjà employée par les Égyptiens, reprise par  Pythagore, Eudoxe de Cnide et Euclide, est à la base de la construction romane. On aura donc pu comprendre et surtout se rendre compte à quel point plans, et techniques utilisées lors de la décoration ou de la construction sont intimement liés au symbole et donne naissance à ce qui peut s'appeler l'Art Roman.

On peut maintenant se demander qu'elle est l'héritage de cet art roman. Le romantisme qui fleurit au début du siècle dernier fut une révolte contre un engourdissement qui trouve son expression dans le néoclassicisme. Les hommes de cette période se mirent à nouveau à chercher et à aimer ce que les " classiques " avaient écarté : la naïveté, l'irrationnel, le rêve, le grotesque - valeurs que l'on redécouvrit dans l'architecture et dans la sculpture romanes. Mais il en résulta du même coup un nouveau blocage du passé : avec le gothique, le roman fut considéré comme le style religieux par excellence, celui que les autorités ecclésiastiques prescrirent jusqu'au XX siècle pour les nouvelles églises.

Enfin, Il est possible aussi de montrer l'importance des villes romanes au Moyen-Age en Europe, par cette carte des villes de l'art roman qui sont identifiées par un rond bleu.

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